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SOUND/IMAGE/CULTURE
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Infinite Jetz de Julie Pfleiderer

(2014/19'/SIC) Avec le soutien du Flemish Community, nadine/ laboratoire pour les arts contemporains,
Q-O2/workspace for experimental music and sound art

 

Langue:

Vo Anglais

 

Synopsis:

Trois personnes de cultures différentes, deux femmes et un homme, se trouvent au même endroit, rassemblées par une histoire. L'endroit est générique, tout comme l'histoire. L'image est en noir et blanc. Le fond du studio est noir. Appelez cela un non-lieu, tout comme l'aéroport - ou le cybercafé ou Internet - qui joue un rôle si important dans Infinite Jetzt, le court-métrage de Julie Pfleiderer.

 

Les situations sont facilement reconnaissables: planifier un avenir, établir des contacts, emballer, dire au revoir, partir, douter, larmes, peur et espoir, arriver, déballer, rester en contact,… Même les formalités administratives, les billets, les files d'attente, le contrôle, l'alarme à la bombe ou la perte: tout cela semble si familier pour le voyageur en chacun de nous. Ce sont des actes génériques qui correspondent à des lieux génériques. Mais le sont-ils vraiment? Parce que toutes ces histoires, tous ces (non) lieux, sont tous différents, selon la personne qui les (re) vit. Cette histoire, racontée par (au moins) trois personnes différentes, porte autant d'accents différents. Cette seule histoire, racontée par (au moins) trois personnes différentes, fait douter de ce qui est réel et de ce qui ne l'est pas. Le non-lieu d'Infinite Jetzt est un lieu intermédiaire, un lieu de transition: comme l'aéroport, comme Internet, comme le studio d'enregistrement. Ce film se place entre le documentaire et la fiction. Julie Pfleiderer, la cinéaste qui est aussi une artiste allemande vivant à Bruxelles (mais il pourrait s'agir de n'importe quelle autre ville), part d'une vraie histoire (mais quelle histoire ne l'est pas?). C'est une histoire de départ, partagée par de nombreuses personnes différentes. Voyez-le comme Pfleiderer histoire personnelle. Ou comme l'histoire de Hajaniania Ratsimbatsafy, une étudiante de Madagascar qui obtient une bourse Bruxelles. C'est l'histoire de Taka Shamoto, une danseuse japonaise à Bruxelles. Mais c'est aussi l'histoire de Caroline Daish, une artiste australienne à Bruxelles. Toutes ces personnes qui, à un moment de leur vie, ont délibérément décidé de quitter leur pays d'origine, font partie de cette histoire commune, mais toujours très personnelle. C'est une histoire inachevée dans laquelle les voix continuent d'ajouter de nouveaux accents, de nouveaux détails, de nouvelles émotions. C'est une histoire qui continue de passer. Comme si la dernière voix dans tout ça serait toujours celle du spectateur devant l'écran. Comme si tout le monde parlait d'une seule voix. Chaque histoire apportée par cette voix est une nouvelle histoire, aussi (non) réelle que la précédente. Chaque version est une adaptation ajoutant son changement personnel. Cela fait d'Infinite Jetzt une œuvre contemporaine à travers et à travers qui démontre la vie après la mort des souvenirs. Il montre la nécessité pour un autre de se souvenir, de raconter, de (re) construire une histoire. Il montre des souvenirs fragmentés, des identités fragmentées. Difficile de dire où trouver la vérité dans tout ça, le vrai moi dans toutes ces manipulations et adaptations qui rendent l'histoire toujours plus artificielle (comment artificielle un aéroport, Internet, un film, un voyage, être?), Toujours plus réel.

(Texte de Pieter Van Bogaert traduit de l'anglais : http://julie-pfleiderer.de/web/projects/film-post/)

 

Equipe:
Chef Opérateur: Niclas Reed Middleton
Montage: Rudi Maerten
Avec Hajaniania Ratsimbatsafy, Caroline Daish, Taka Shamoto

 

Site internet: http://julie-pfleiderer.de/web/projects/film-post/

Film en entier: https://vimeo.com/110195601